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Portrait d’une Ultra-traileuse du pays

Originaire des Moulins, Sophie est une ultra-traileuse aguerrie ! Athlète du team Scott, elle parcourt la Suisse à pied, à vélo ou en ski de randonnée à la recherche de beaux paysages et de ses limites. À son palmarès le Mountainman, le Marathon Trail Lago di Como ou encore le Strafexpedition. Cette passionnée de montagne, nous raconte son parcours dans une interview à la suite de sa deuxième place au Swiss Ultra Trail Award.

Âge : 32 ans
Taille : 170cm
Pts ITRA : 663
Hobby : Trailrunning, ski de rando, ski de fond, sorties en haute montagne, cuisiner, jardinage, lire et amis

Sophie en plein effort

SuperTrail du Barlatay : Sophie, peux-tu nous dire comment tu es arrivée à faire du trail ?

Depuis que j’ai 7 ans, je fais de la course à pied et de montagne et j’ai toujours préféré courir les longues distances sur pistes, route et en montagne. Entre 2008 et 2012, j’avais arrêté le sport de compétition pour écrire mon travail de diplôme et puis ensuite pour faire d’autres sports de montagne. Mais, j’avais déjà le trail en tête et en faisais tout naturellement sans faire de courses. En janvier 2013, habitant dans le canton d’Uri, j’ai vu que dans le canton d’Obwald, non-loin de chez moi, il y avait les premiers Championnats Suisses de Trail. Je me suis dit qu’il fallait que je sois de la partie pour ce moment historique. Mes parents m’ont offert pour mon anniversaire une place de départ pour le Mountainman Ultra (80km +/-5000m). Pour bien me préparer à cette idée, encore bien folle à ce moment-là, j’ai décidé de courir le 50km de la première édition de l’Eiger Ultra un mois avant. Et j’ai tout de suite remarqué que ces longues distances dans un décors alpin me plaisent et sont faites pour mon moteur diesel!

J’ai entendu dire que tu allais faire l’UTMB cette année. Est-ce une consécration pour toi ? Quel est ton objectif pour cette course ?

Exact ! En m’entrainant pour mon premier Mountainman, je me suis dit que je pourrais ensuite faire une fois l’UTMB… course que des connaissances avaient faite plusieurs fois et cela me fascinait de les entendre raconter cette aventure. J’aurais dû y participer en 2016, mais je me suis tordue la cheville et j’ai fait en plus une vilaine chute en VTT 3 semaines avant l’échéance. J’ai dû renoncer avec beaucoup de regrets mais avec sagesse aussi. Cette année, je me redonne cette possibilité avec grand plaisir! Je me réjouis mais j’ai aussi beaucoup de respect pour cette distance que je n’ai jamais parcourue. Ce n’est pas forcément une consécration spéciale car chaque trail achevé est pour moi une consécration! C’est plus l’idée de faire une fois le tour du Mont Blanc qui est assez cool et de passer aussi en Suisse romande bien sûr! Mon objectif principal est d’arriver sur la ligne d’arrivée avec le sourire et les yeux pleins de beaux souvenirs!

Sophie, tu as déjà participé et gagné l’Ultra-Trail du Barlatay. Peux-tu expliquer ce qui t’a particulièrement plu ?

De connaitre et reconnaitre à chaque coin du parcours les gens de ma région d’enfance et de partager avec eux cette belle aventure et cette super ambiance. La bonne humeur des bénévoles m’impressionne beaucoup, surtout de nuit. Ils sont si gentils et serviables! J’ai beaucoup apprécié d’avoir pu donner 4 sacs pour les 4 ravitaillements principaux. C’est un luxe comparé à beaucoup d’autres trails. Le ravitaillement proposé est très bien aussi et c’est sympa de manger les pâtes d’après course tous ensemble et de se remémorer plein d’histoires! J’étais aussi une grande fan de Franziska Rochat-Moser en étant enfant et j’ai donc aussi trouvé très naturel de lui rendre hommage en courant le Barlatay.

C’était aussi la première fois que je courais une nuit entière en trail. C’était si calme, j’étais beaucoup seule au départ et j’entendais les cloches des vaches sans les voir. Vu que j’ai pris le deuxième départ, j’ai rattrapé pas mal de monde du premier départ et en passant on s’encourageait mutuellement. Le paysage est super même si cette année-là, il y avait de la pluie et du brouillard en route. Alors quand il y avait une éclaircie, je rayonnais et pouvais savourer « mon » Pays-d’Enhaut et les alentours. Le lever du jour, je l’ai vécu au kilomètre 46 environ. C’était super car à ce moment il n’y avait pas de brouillard et j’étais comme sur une terrasse avant la montée au Pic Chaussy. Le Pic Chaussy, c’est la cerise sur le gâteau qui arrive peu après mi-course. Et pour finir, c’était sympa de passer sur « ma » montagne et mes anciennes pistes de ski d’enfance aux Monts-chevreuils. Le Barlatay, c’est comme faire un grand tour autour de ma maison!

Après tant d’années dans le sport de haut niveau, qu’est-ce qui te motive au quotidien ?

Le sport de montagne, c’était mon équilibre lors de ma scolarité et mes études et c’est actuellement toujours mon équilibre dans ma vie professionnelle! Comme je l’ai déjà mentionné, j’avais arrêté pendant quelques années. En fait, je n’ai jamais été une fille qui a besoin de la compétition et cela étonne beaucoup de gens quand je le dis. Oui, j’ai fait beaucoup de courses mais j’ai aussi eu le courage d’arrêter, car je ne me sentais pas faite pour ça. En Trail, ce qui compte est la découverte de soi et de ces alentours, et c’est ça qui me plaît. Cela ne m’intéresse pas forcément de savoir qui est devant ou derrière. Je suis satisfaite quand je sens que j’ai tout donné et que j’ai passé une bonne journée en montagne. En fait, c’est comme une deuxième carrière sauf que cette fois-ci, je n’ai jamais eu l’intention et le but de courir à ce niveau. C’est venu par passion. J’ai toujours eu le goût de partir à l’aventure en montagne et de découvrir des gens très sympathiques ainsi que de belles régions, en hiver surtout avec les skis de randonnée ou les skis de fond, et l’été en baskets ou de temps en temps avec chaussures de montagne, cordes, piolets et crampons!

Lien : Facebook @sophieandreyultra

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